Selon certaines sources d'informations, un empereur romain de passage dans la région, 'Domicianus', aurait donné son nom à la commune. Ce nom s'est tranformé au fil des âges. En 1121, elle s'appelait Ecclesia Sancte Marie de Domocissim, en 1356 Domeyssinum, en 1411 Ecolessia Sainte Marie de Domocissim, en 1426 Domessins, en 1581 Domesinum, au 17ème siècle Domessinum, en 1729 Domeissin, en 1732 Domessin en Savoye.
En 1953, la découverte sur la commune, d'un polissoir et de haches en pierre polie, nous indique que les rives du Guiers furent habitées à la fin du Néolithique, entre 4000 et 2500 ans avant notre ère.
'Bonum ritum' qui est l'étymologie du lieu-dit, le Bonnard, au bord de la rivière et qui signifie en gaulois 'le bon gué' confirme que la région était occupée avant la période gallo-romaine. Un fragment d'amphore a été autrefois découvert dans ce secteur. Il est probable que ce gué fut un point de passage très important avant la construction du pont de Boutet entre Romagnieu et Tramonet.
Au Moyen Age, la plus ancienne mention qui date de 1121 évoque l'église (Ecclesia Sancte Marie de Domocissim). La paroisse de Domessin qui s'étendait sur les deux rives du Guiers, comme toutes les paroisses riveraines, fut toujours unie à celle du Pont-de-Beauvoisin jusqu'en 1803, date d'application du Concordat (négocié par le ministre Crétet né au Pont-de-Beauvoisin). Les traités de 1355 et 1376 qui vont établir la nouvelle frontière entre la France et la Savoie auront des conséquences douloureuses dans cette région puisqu'ils vont marquer la partition de toutes les paroisses de la vallée du Guiers. C'est aussi au Moyen Age que le nouveau tracé de la route de Lyon au Piémont abandonne définitivement celui de la voie romaine pour franchir le Guiers au Pont-de-Beauvoisin et passe désormais par Domessin (Le Bonnard).
Un premier château fut construit probablement avant l'an mil, au Bonnard, pour sécuriser le gué. Il n'en reste plus que la motte (Châteauvieux).

La motte de Châteauvieux
C'est près de là que fut édifiée l'église Sainte-Marie à l'emplacement de laquelle se dresse aujourd'hui la chapelle Notre-Dame des 7 Douleurs, autrefois appelée Notre-Dame de la Maladière en raison de la proximité d'une léproserie antérieure au XIIIe siècle (lieu-dit La Maladière).
Les Rivoire sont possesseurs de Domessin comme de Pont-de-Beauvoin qu'ils cèdent au comte de Savoie à la condition de se réserver la propriété de Domessin. Au XVIe siècle, le fief passe à une branche collatérale avant d'être acquis, au XVIIe siècle par Gabriel Philibert Favre, fils du premier Président du Sénat de Savoie. La seigneurie est ensuite acquise par Claude de Corbeau en 1710 puis apportée par héritage à Jacques Philippe Magnin de la Cornière qui la transmet à François de Leyssin en 1771. Elle est enfin acquise par le marquis François Marie de Corbel-Corbeau de Vaulserre en 1806.
L'agglomération s'était, à l'origine, développée au bord du Guiers, le long de la route du Pont-de-Beauvoisin.
Mais à partir du XII° siècle, l'installation de granges monastiques sur les bords du marais de la Vavre et notamment celle de Sainte Catherine d'Eurosol, fixe une population de convers et d'artisans. Peu à peu le village grossit sur les hauteurs qui dominent cet espace et, au sortir de la Révolution, lorsqu'il s'agit de reconstruire l'église très vétuste et même délabrée, les habitants réclament, dès 1822, que la nouvelle église paroissiale soit édifiée dans le bourg le plus peuplé qui est désormais devenu le village de Domessin. Cette nouvelle église sera construite en 1897 et lors de sa construction on intègrera dans ses murs, suivant une tradition répandue, une pierre portant une inscription gallo-romaine : « A Titus Crispius Antiquus et Ambaris Remulla, fille de Caïus, Quintus Virius Crispus à son frère et à sa mère ».
Domessin possède un petit patrimoine rural très intéressant. De nombreuses maisons de terre illustrent l'architecture de pisé développée par l'architecte lyonnais François Cointereau au début du XIXe siècle.
Le bel et intéressant oratoire de Jean Louis (Route des Nugues) date de 1745. Il renvoie à une tombe de l'église des Carmes. Cette famille de notables à compter des médecins, des notaires et des châtelains.

L'oratoire
Mais les Louis furent aussi des armuriers de père en fils depuis au moins le XVIe siècle, ce qui explique les représentations de pistolets sur le monument. Les beaux et calmes paysages que montre la commune sur les montagnes du Banchet et de l'Epine constituent aussi un élément patrimonial remarquable.
'Domessin est renommé pour la beauté de ses paysages autant que par la saveur de ses fruits et l'excellence de son miel. Hâtons-nous d'ajouter que le miel est pour Domessin et les villages circonvoisins l'objet d'un commerce relativement important.'
(Achille Raverat : De Lyon à Chambéry par Saint-André-le-Guâ. 1885).
Jean-Pierre Blazin
Guide-Conférencier des Villes et des Pays d'art et d'Histoire
Président de Mémoires des Pays du Guiers